Contre les métaux lourds : la piste de la vitamine C et du glutathion

Contre les métaux lourds : la piste de la vitamine C et du glutathion
La détoxication nutritionnelle : le rôle des antioxydants

Résumé par DG, 2019

On parle ici de détoxication, ou "chélation" nutritionnelle, donc grâce à la prise de substances en nutrition,  par opposition à l'EDTA en perfusion (technique chimique très lourde). 

 
 
  • Evacuation des métaux lourds  : les antioxydants se lient avec les métaux lourds.
  • Effets toxiques : il est démontré que le stress oxydatif induit par les métaux dans les cellules peut être partiellement responsable des effets toxiques des métaux lourds.  
Les données montrent que les antioxydants peuvent jouer un rôle important en diminuant certains risques liés aux métaux lourds.

 
 L'évacuation des métaux lourds dépend de la présence  de thiols et d'anti-oxydants.

Les thiols - le glutathion  en fait partie- contre les  métaux.

La chélation nutritionnelle est l'une des plus vieilles méthodes pour détoxiquer le corps.
 Les acides aminés comportant un groupe sulfhydrylé sont capables de se lier aux métaux lourds, comme n’importe quel chélateur du groupe thiol.

Un thiol est un composé qui contient un groupe fonctionnel SH composé d'un atome de soufre et d’un atome d'hydrogène.

Les thiols agissent contre les  métaux (mercure, plomb...).

Le DMSA ou le DMPS sont des thiols et la cystéine ou le glutathion en sont d’autres.

Comme son nom l'indique, le groupe SH (= un atome de soufre + un atome d'hydrogène)  se lie étroitement à l'élément mercure et à d'autres métaux tels que le plomb.

La détoxication nutritionnelle fonctionne. Bien que ce moyen sûr de détoxiquer le corps prenne du temps, il n’y a presque pas d’effets secondaires connus.

Le glutathion
Le glutathion joue un rôle important dans la défense antioxydante, le métabolisme des nutriments et la régulation des événements cellulaires, y compris l'expression des gènes, l'ADN et la synthèse des protéines, la prolifération cellulaire et l'apoptose (mort cellulaire programmée), la transduction du signal, la production de cytokines et la réponse immunitaire et la glutathionylation des protéines.

Carence en glutathion.
Une carence en glutathion contribue au stress oxydatif, qui joue un rôle clé dans le vieillissement et la pathogenèse de plusieurs maladies (y compris le kwashiorkor, l’infarctus, la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson, l’hépatite, la fibrose kystique, l'anémie falciforme, le VIH, le sida, le cancer, la crise cardiaque, l’accident vasculaire cérébral et le diabète).

Les antioxydants (vitamine C…) favorisent la liaison des métaux.

Les vitamines C, E, le sélénium et d'autres antioxydants dont les bioflavonoïdes favorisent aussi la liaison des métaux.

Etude. 
Le Dr Earl B. Dawson de la branche médicale de l’université du Texas, à Galveston, a constaté que les fumeurs adultes qui prenaient 1 000 milligrammes par jour de vitamine C avaient considérablement réduit leur concentration sanguine en plomb en une seule semaine. Le Dr Dawson a indiqué que la vitamine C était donnée à 75 hommes âgés de 20 à 35 ans. Les hommes avaient été divisés, au hasard, en trois groupes, recevant soit 200 mg par jour de vitamine C, soit 1 000 mg/jour, soit un placebo sans vitamine C.

 L'étude a duré un mois et l’évaluation hebdomadaire menée par le Dr Dawson et ses collègues n’a signalé aucun changement dans le groupe test placebo ou dans le groupe recevant seulement 200 milligrammes de vitamine C par jour.

Mais le groupe en recevant 1000 mg par jour a vu ses concentrations sanguines en plomb baisser fortement après seulement une semaine de supplémentation en vitamine.

Les concentrations sanguines en plomb sont restées basses pendant le reste de la période d’essai.


La vitamine C

 Les scientifiques de l'université de Californie à San Francisco (UCSF) ont également constaté que la vitamine C aidait à réduire les concentrations dangereuses de plomb dans le sang.

Le Dr Joël A. Simon et le Dr Esther Hudes ont révélé que des doses élevées de vitamine C étaient associées à une réduction des concentrations sanguines en plomb chez les jeunes enfants et les adultes.

Les chercheurs ont indiqué qu'ils croyaient que les résultats de leurs études sur le plomb dans le sang pouvaient avoir des « implications de santé publique » sur le contrôle de la toxicité du plomb, en particulier chez les enfants.

 Leurs études ont montré que des concentrations élevées de vitamine C dans le sang étaient corrélées à de plus basses concentrations sanguines de plomb.

 « Les concentrations en vitamine C sont indépendamment en grande corrélation avec les concentrations de plomb dans le sang chez les Américains», explique Joël Simon, docteur en médecine, titulaire d’un master en santé publique (MPH), médecin membre du personnel du SFVAMC et professeur adjoint de médecine à l‘UCSF, en épidémiologie et biostatistique.

« À notre connaissance, ce rapport est la première étude basée sur la population à établir une telle association. Si une relation causale était confirmée, l'augmentation de la consommation d'acide ascorbique pourrait avoir des implications de santé publique pour prévenir la toxicité du plomb. »
 
La vitamine C et les autres nutriments antioxydants sont censés jouer un rôle central dans la réduction des dommages des produits oxydatifs, y compris les radicaux libres. Cette fonction de protection est double : les groupes déjà oxydés dans les centres prosthétiques des enzymes sont réduits et les oxydants et les radicaux libres sont supprimés.


Un exemple avec une chélation nutritionnelle d’un patient.
L'auteur a utilisé l’intervention nutritionnelle dans le traitement d’une exposition chronique aux métaux bien avant de s’impliquer dans l'enseignement des protocoles de chélation synthétiques.


"EDTA en perfusion" versus "chélation nutritionelle". 

EDTA en perfusion : le jeune homme n'a pas répondu favorablement.

Un des cas les plus mémorables fut celui d'Oliver S., un adolescent néerlandais souffrant d'une anémie aplasique, de cause inconnue. Quand il vint le consulter pour la première fois, à l’âge de 17 ans, il recevait des transfusions de sang hebdomadaires ; son état était considéré comme grave. Grâce à l'analyse minérale de ses cheveux, on a découvert une intoxication au plomb significative. La concentration du plomb dans ses cheveux était supérieure à 80 PPM (=> 80 mg/kg), l’intervalle de référence recommandé pour les adultes étant inférieur à 3 PPM (partie par million).

 Les  concentrations sanguines se sont avérées négatives, pas vraiment une surprise après plusieurs mois de transfusions sanguines hebdomadaires. Oliver et sa famille vivaient dans une majestueuse maison hollandaise. Les analyses d'eau ont révélé une certaine teneur en plomb, même si ces valeurs ne semblaient pas suffisamment élevées pour provoquer un cas sévère d'intoxication chronique par le plomb. Par mesure de précaution, nous avons demandé à la famille de gratter les peintures des murs de la chambre d’Oliver (parce que les peintures au plomb étaient utilisées à l'époque de la naissance d’Oliver).

Effectivement, nous avons constaté des concentrations extrêmement élevées de plomb. Une enquête plus poussée a fourni la réponse. Comme tout jeune enfant, Oliver avait l'habitude de gratter la peinture du mur en la léchant. Par la suite, il s’est lentement intoxiqué à un âge précoce. Il a fallu près de 16 ans pour que la maladie se développe.


Dans les cas d'intoxication aiguë ou chronique au plomb, l’EDTA en perfusion est considéré comme le meilleur traitement. Oliver a été traité par chélation dans un centre médical néerlandais, mais le jeune homme n'a pas répondu favorablement.
En raison de son état de santé, nous avons décidé d'utiliser la thérapie nutritionnelle.
Le patient a reçu des acides aminés soufrés, des quantités modérées de vitamine C (1000 mg 3 à 4 fois par jour), 400 IE de vitamine E et autres antioxydants, un complexe B et un complexe multivitamines/minéraux. Nous n'avons pas inclus l'acide lipoïque ou de glutathion, tout simplement parce qu'à l'époque, nous ne savions pas grand-chose sur le rôle de ces nutriments dans la détoxication.

Le glutathion peut être synthétisé par le corps à partir des acides aminés L-cystéine, L-glutamate et la glycine et a, par inadvertance, fait partie du programme.
Par rapport aux normes d'aujourd'hui, ce programme nutritionnel par voie orale était modéré et plutôt simple, mais dès les trois premiers mois, le rythme des transfusions d'Oliver a pu être de plus en plus espacé avant de diminuer progressivement. Après un an et demi de traitement nutritionnel, une analyse capillaire de répétition a montré une réduction significative des concentrations de plomb; dans les deux ans, ses médecins l'avaient libéré de leurs soins, le considérant guéri. Des années plus tard, il est vivant et va bien.

Recherche :

 Dietz R., Riget F, Born E.W. An assessment of selenium to mercury in Greenland marine animals. The Science of The Total Environment, Volume 245, Issues 1-3, 17 Janvier 2000, Pages 15-24
Résumé
Des informations sur la relation molaire du mercure et du sélénium dans les tissus musculaires, hépatiques et rénaux d'animaux marins du Groenland sont présentées ici. Dans la majorité des échantillons, le sélénium était présent en excédent molaire par rapport au mercure. C'était très clair chez les mollusques, les crustacés, les poissons et les oiseaux marins. Un rapport molaire de 1/1 a été trouvé dans les tissus des mammifères marins avec des concentrations élevées en mercure (audessus d’environ 10 nmol/g). Cela a été très clairement démontré pour le tissu hépatique et le tissu rénal de l'ours polaire et du phoque annelé avec une forte concentration de mercure dans le foie. Ces découvertes confirment les résultats antérieurs constatés dans le tissu hépatique des mammifères marins, suggérant que le méthylmercure est détoxiqué par un mécanisme chimique impliquant le sélénium. Si les rejets anthropiques de mercure dans l'environnement augmentent dans le futur, en raison de la demande croissante en énergie, des espèces comme l’ours polaire et les phoques ayant des concentrations élevées de mercure dans leurs tissus devront être suivies afin de comprendre si ce mécanisme protecteur peut être maintenu dans les organes cibles. 

Ercal N, Gurer-Orhan H, Aykin-Burns N.Toxic metals and oxidative stress part I: mechanisms involved in metal-induced oxidative damage. Curr Top Med Chem. Décembre 2001;1(6):529-39.
Résumé
Les métaux toxiques (plomb, cadmium, mercure et arsenic) sont largement présents dans notre environnement. L‘homme est exposé à ces métaux à partir de nombreuses sources, à savoir l'air, l'eau, les sols et la nourriture contaminés. Des études récentes montrent que les métaux de transition agissent comme des catalyseurs dans les réactions oxydatives des macromolécules biologiques ; par conséquent, les toxicités associées à ces métaux pourraient être dues à des lésions tissulaires oxydatives. Les métaux redox actifs, tels que le fer, le cuivre et le chrome, subissent un cycle redox tandis que des métaux redox inactifs, tels que le plomb, le cadmium, le mercure et autres, épuisent des antioxydants cellulaires majeurs, en particulier les antioxydants et les enzymes contenant des thiols. Les métaux redox actifs comme les métaux redox inactifs peuvent provoquer une augmentation de la production d'espèces réactives à l'oxygène (ROS) tel que le radical d’hydroxyde (HO.), le radical superoxyde (O2.-) ou le peroxyde d'hydrogène (H2O2). Une génération accrue de ROS peut submerger les défenses des antioxydants cellulaires intrinsèques et provoquer une maladie appelée «stress oxydatif». Les cellules, sous l’effet du stress oxydatif, montrent divers dysfonctionnements dus aux lésions provoquées par les ROS aux lipides, aux protéines et à l'ADN. Il est donc démontré que le stress oxydatif induit par les métaux dans les cellules peut être partiellement responsable des effets toxiques des métaux lourds. Plusieurs études sont en cours pour déterminer l'effet d’une supplémentation en antioxydants suite à une exposition aux métaux lourds. Les données montrent que les antioxydants peuvent jouer un rôle important en diminuant certains risques liés aux métaux lourds. 


Patrick L. Toxic metals and antioxidants: Part II. The role of antioxidants in arsenic and cadmium toxicity. Altern Med Rev. Mai 2003 ; 8(2):106-28.
Résumé
L'exposition aux métaux toxiques est devenue une source de plus en plus reconnue de maladie au niveau mondial. Le cadmium et l'arsenic sont omniprésents dans l'environnement et une exposition via l’alimentation et l'eau aussi bien que par des sources professionnelles peuvent contribuer à un spectre bien défini de maladie. Le tableau clinique de la toxicité de l'arsenic se caractérise par des lésions cutanées, l’anémie, et un risque accru de maladie cardiovasculaire, de diabète et d’atteintes hépatiques. Le cadmium a un effet significatif sur la fonction rénale et, en conséquence, altère le métabolisme osseux, menant à l'ostéoporose et à l'ostéomalacie. La génotoxicité induite par le cadmium augmente également le risque de cancers. Les mécanismes de lésions induites par l'arsenic et le cadmium incluent la production de radicaux libres qui altèrent l'activité mitochondriale et l'information génétique. Le métabolisme et l'excrétion de ces métaux lourds dépendent de la présence d'anti-oxydants et de thiols qui aident la méthylation de l'arsenic et la liaison avec la métallothionéine de l'arsenic et du cadmium. La S-adénosyl-Lméthionine, l'acide lipoïque, le glutathion, le sélénium, le zinc, la N-acétylcystéine (NAC), la méthionine, la cystéine, l'alpha-tocophérol et l'acide ascorbique jouent un  rôle spécifique dans l'atténuation de la toxicité des métaux lourds. Plusieurs antioxydants, y compris la NAC, le zinc, la méthionine et la cystéine, lorsqu'ils sont utilisés en conjonction avec des agents chélateurs standards, peuvent améliorer la mobilisation et l'excrétion de l'arsenic et du cadmium

 

Partagez sur les réseaux sociaux

Catégorie

Commentaires :

Laisser un commentaire
Aucun commentaire n'a été laissé pour le moment... Soyez le premier !